La France soutient les achats d’engrais et sa production nationale

09 juillet 2026/ Ministère de l'Agriculture/ France.
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15-Jul-2026 (aujourd'hui)

Le gouvernement français a annoncé un plan d’urgence destiné à atténuer l’impact de la forte hausse des prix des engrais azotés, provoquée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, ainsi qu’une stratégie de long terme visant à renforcer la souveraineté nationale en matière d’engrais. Les mesures, présentées par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard et le ministre délégué chargé de l’Industrie Sébastien Martin, ont pour objectif de sécuriser la campagne agricole de 2027 tout en réduisant la dépendance du pays aux importations.

Face à l’augmentation exceptionnelle du coût des engrais, qui fragilise particulièrement les exploitations de grandes cultures après plusieurs campagnes déficitaires, la Commission européenne a débloqué la réserve de crise agricole. La France bénéficiera ainsi d’une enveloppe de 107 millions d’euros, pouvant être complétée par des financements nationaux pour atteindre jusqu’à 145 millions d’euros.

Le dispositif prévoit une aide de 50 euros par tonne d’engrais azotés simples achetés entre le 1er juin et le 30 septembre 2026, dans la limite de 50 % de la consommation de 2025. Cette aide sera portée à 70 euros par tonne pour les exploitations dont les dépenses en engrais représentent plus de 10 % des charges. L’objectif est de faciliter les achats d’engrais avant les semis de la prochaine campagne et de préserver le potentiel de production agricole.

Au-delà de cette réponse immédiate, le gouvernement met en œuvre une stratégie structurée autour de trois axes. Le premier consiste à améliorer l’efficacité de l’utilisation des engrais grâce à un recours accru aux bilans azotés, aux analyses de sols et aux outils d’aide à la décision, avec notamment un objectif de réduction de 20 % du surplus brut d’azote d’ici 2030.

Le deuxième axe vise à développer les alternatives organiques, notamment par une meilleure valorisation des effluents d’élevage. Le plan fixe comme objectif de couvrir 80 % des fosses d’effluents liquides bovins et porcins et d’augmenter l’enfouissement rapide des fertilisants azotés afin de limiter les pertes et les émissions.

Enfin, la France prévoit un programme d’investissement industriel de 2 milliards d’euros sur dix ans, soutenu par 620 millions d’euros d’aides publiques, afin de moderniser les installations existantes et développer la production nationale d’engrais azotés décarbonés. Cette stratégie vise une augmentation de 20 % de la production française d’ici 2032. Parallèlement, le gouvernement souhaite adapter le marché européen du carbone afin de préserver la compétitivité de l’industrie des engrais tout en poursuivant les objectifs de décarbonation.