Le marché porcin européen sous pression, avec l’Allemagne en tête des baisses

Marché du Porc Français
14-Jul-2026 (aujourd'hui)

France

MPF : une progression du prix qui ralentie

La hausse cumulée des deux marchés de la semaine dernière est beaucoup plus modérée que la semaine précédente. Avec une progression de 0,5 centime, elle met en évidence que, contrairement au reste de l’Europe, davantage guidé par le marché de la viande, c’est toujours le manque d’offre qui oriente la fixation du prix en France. Néanmoins, à la veille d’une semaine de quatre jours d’abattage et au vu des baisses enregistrées dans les autres pays européens, les acheteurs se sont montrés beaucoup plus prudents dans leurs enchères, malgré des positions toujours très fermes de la part des vendeurs.

Uniporc : 900 grammes de moins qu’en 2025

Il y a un an, la semaine 28 enregistrait le plus faible volume d’abattage de l’année, avec un peu plus de 341 000 porcs. Cette année, le volume sur la même semaine est inférieur d’environ 9 000 porcs, marquant une nette différence. L’écart est également important en matière de poids, avec un nouveau recul de 390 grammes la semaine dernière. Le poids moyen se situe désormais 900 grammes sous la référence de 2025. Cumulés, ces écarts de poids et de volumes représentent environ 4 % de viande produite en moins sur la semaine.

Union européenne

En Allemagne, le marché allemand reste sous forte pression. Malgré une baisse des poids de plus d'un kilo en trois semaines et une offre en recul, le marché de la viande demeure très dégradé. Les industriels réclamaient une baisse significative. Les producteurs ont finalement consenti mercredi dernier une baisse de 10 centimes, ramenant le prix directeur à 1,40 €/kg. Malgré ce nouveau recul, les difficultés à l'exportation et la faiblesse persistante du marché de la viande ne laissent aucune certitude quant au maintien de ce niveau de prix durant l'été.

En Espagne, le marché espagnol reste marqué par une offre limitée et des poids en net recul, mais cette situation ne suffit pas à soutenir les prix. La forte baisse allemande a pesé sur les négociations et le prix espagnol a finalement reculé d’un centime. Le marché de la viande et la concurrence européenne continuent de limiter les marges de manœuvre des opérateurs. L’équilibre reste donc particulièrement fragile malgré le manque de porcs.

La Belgique avait déjà anticipé les tensions européennes en abaissant son prix de 3 centimes la semaine précédente. Les poids chutent fortement et atteignent leur plus bas niveau depuis plusieurs années, tandis que les prix de la viande poursuivent leur recul. La baisse allemande a logiquement été répercutée sur la cotation belge qui a donc elle aussi perdu 10 centimes en deux semaines.

En Italie, le marché a progressé de 3 centimes la semaine dernière, mais cette hausse accentue les difficultés des abattoirs, qui travaillent avec des pertes importantes. L'activité reste soutenue malgré des marges très dégradées et la filière s'interroge sur la nécessité de réduire la production.

États-Unis et Chine

Le marché américain reste stable, mais sans véritable reprise saisonnière. La valeur des découpes évolue peu, la hausse du jambon et des côtes étant compensée par le recul du flanc. Les abattages ont été réduits par le congé du 4 juillet, tout en restant supérieurs à l’an dernier pour une semaine comparable. Le point marquant reste la rentabilité des élevages : les marges demeurent solides malgré un prix de la viande nettement inférieur à 2025.

Le marché porcin chinois semble progressivement sortir d’une logique de surproduction pour entrer dans une phase d’ajustement de l’offre. Les prix restent peu évolutifs, tandis que les grands groupes et les autorités cherchent à réduire les capacités de production. La consommation intérieure demeure toutefois insuffisante pour absorber les volumes disponibles. Cette restructuration pourrait à terme modifier les besoins d’importation de la Chine et les équilibres mondiaux.