Depuis 3 ans, les abattages en France stagnent à 22 millions de porcs en 2025. La production porcine est en légère hausse à 2,13 millions de tonnes de viande de porc produites (+0,4%). Le solde commercial des produits porcins s’est de nouveau dégradé en volume passant d’un excédent de 103,8 milliers de tonnes en 2024 à 90,8 en 2025 (-13 000 t). Cette évolution conduit à un déficit en valeur de -743 millions d’euros car les exportations ont plus reculé plus (-8,8%) que les importations (-1,4%).
Ce sont essentiellement les importations de produits transformés qui ont augmenté (+1,9% en volume et +3,1% en valeur), en particulier les saucisses et saucissons (+2,7%), et les préparations à base de porc (+9,2%) comme les jambons cuits. Parmi les charcuteries-salaisons, les produits espagnols (+3,8%), italiens (+5,1%) et allemands (+5%) sont davantage présents. Cette arrivée croissante de produits finis étrangers fragilise la filière, les entreprises françaises ne bénéficiant plus de la valeur ajoutée de la transformation.
En même temps, les exportations de charcuteries-salaisons ont légèrement reculé (-1,4% en volume et -0,9% en valeur), surtout à destination de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de la Belgique, les trois premières destinations. Les acteurs français ont été concurrencés par les Espagnols, Italiens et Polonais portés par une production porcine en forte hausse.
Le marché de l’export a été difficile pour les abatteurs-découpeurs avec un repli des volumes de 5,3% sur un an. La baisse de la demande en pièces avec os françaises en Chine (-16%) et sur le marché philippin (-25,3%), en raison de la forte concurrence du Brésil, a pesé sur les volumes du Grand Export (‑3,9%). Sur le marché européen, les ventes reculent également (‑12,4%). Les volumes français se sont contractés sur les marchés espagnol (‑15,1%) et italien (-14,5%) concurrencés par les Allemands dont la production est repartie à la hausse.

Les ventes d’abats affichent de bonnes performances en 2025 (+4% en volume), mais leur valorisation recule fortement (-9,2% en valeur). Les ventes vers la Chine et les Philippines ralentissent et sont réorientées vers le Congo et la Côte d’Ivoire.
Pour les lards et graisses, les volumes expédiés sont également en hausse (+8,3%), en particulier à destination des Philippines et de l’Espagne.
En 2026, les perspectives de production sont orientées vers la stabilité mais l’Espagne, touchée par la FPA, pourrait rediriger une partie de sa production vers le marché français. Le risque d’une nouvelle dégradation de la situation en 2026 reste réel.
Elisa Husson, économiste IFIP