Après un mois d’avril en apparence apathique, l’on peut s’attendre à des émotions

Guillem Burset
04-Mai-2026 (hier)

La hausse nette et résolue des semaines ayant précédé la Semaine sainte s’est brusquement interrompue avec l’arrivée de Pâques et des jours fériés qui l’accompagnent. Notre marché de référence (Mercolleida) a enchaîné cinq cotations inchangées, à 1,27 euro / kilo vif, nettement en deçà du coût de production actuel.

Dans l’ensemble de l’UE, le prix du porc est demeuré stable durant une grande partie du mois d’avril ; la viande abonde et les traditionnels ressorts de la consommation printanière (les fameuses grillades d’Europe centrale) tardent encore à se manifester. Le marché européen est fort bien pourvu en viande et les prix de celle-ci ne ne peuvent, pour l’heure, s’élever.

Tous les opérateurs tiennent pour acquis qu’à compter de maintenant, l’offre de porcs vifs en Espagne se fera insuffisante. Nous assisterons à des séances de marché tendues : les deux acteurs, éleveurs et abattoirs, défendront farouchement leurs positions

Si, en Allemagne, aucune baisse des prix ne se produit, dans les semaines à venir le prix du porc vif en Espagne augmentera. C’est indubitable et fort véritable. La vitesse des hausses dépendra de plusieurs facteurs :

La présence de la PPA en Espagne a affecté (et continue d’affecter) de manière notable l’ensemble de l’UE. Rappelons qu’un porc sur quatre de l’Union européenne est espagnol. Privés de certains de leurs débouchés clés, les abattoirs espagnols ont été contraints d’écouler davantage de viande dans les frontières de l’UE. Le marché de la viande en Europe entière se trouve en situation de surabondance depuis décembre, nageant dans l’excès d’offre. Il en coûtera grandement pour que le prix de la viande se redresse avec fermeté.

Depuis la détection de la PPA en Espagne, le prix du porc s’est maintenu au-dessous du coût de production. Nous demeurons dans cette situation et l’avenir de l’élevage porcin espagnol s’annonce ardu. Voilà cinq mois que nous sommes à la peine, et cela fait long. Nous pensons qu’au fil des semaines le prix atteindra, voire pourrait dépasser, le coût de production d’un porc ; il conviendra de voir où se situera la moyenne annuelle, bien que tout incline à penser qu’elle sera modeste, nettement en deçà des coûts.

L’année 2026 sera mauvaise pour les éleveurs espagnols ; la question première résidera dans la lutte contre la PPA (afin de l’éradiquer à nouveau, comme cela fut fait il y a plus de 35 ans). Sous le fardeau de la PPA, les choses sont et seront plus difficiles. Souhaitons que les autorités espagnoles agissent avec discernement et parviennent à l’objectif tant désiré.

À l’échelle mondiale, des faits marquants se sont produits en avril.

Sur la scène mondiale, il convient de rappeler que la Russie apparaît comme le grand acteur “dissimulé” du panorama international. En dépit de la présence de la PPA sur son territoire, la production a crû de manière ininterrompue (elle a plus que doublé depuis 2008). La Russie entretient davantage d’affinités politiques avec la Chine (premier client mondial) que l’UE. Géographiquement, ils sont voisins…

L’actualité espagnole demeure centrée sur la PPA. Tant que le statut de territoire indemne ne sera pas recouvré, le marché restera conditionné par ce facteur. Tous les efforts que l’on consacrera à son éradication ne seront jamais de trop.

Il faut tenir bon et endurer.

Nous conclurons aujourd’hui par une phrase du célébrissime et inoubliable Michael Jordan : « Les obstacles ne doivent pas t’arrêter. Si tu rencontres un mur, ne fais pas demi-tour et n’abandonne pas. Trouve le moyen de l’escalader, de le traverser ou de le contourner ».

Guillem Burset