Marché porcin européen : stabilité des prix avant Pâques

Marché du Porc Français
31-Mar-2026 (aujourd'hui)

France

MPF : un prix de référence reconduit à 1,420 €

En 2025, la fin du mois de mars avait permis d’observer une légère revalorisation du prix de 3,3 centimes, prolongée jusqu’au 10 avril pour atteindre une hausse cumulée de 11,3 centimes. Ce premier mouvement haussier était intervenu avant Pâques, positionnée le 20 avril. Cette année, le scénario est différent : une Pâques plus précoce, combinée à des retards d’enlèvement plus longs à résorber, empêche la reproduction de cette dynamique. Cette situation explique la prudence des acheteurs et la patience des vendeurs, qui ont jusqu’ici privilégié la fluidité des départs plutôt qu’une revalorisation des prix.

Uniporc : recul notable du poids

Ces dernières semaines, la dynamique d’abattage a permis une baisse régulière des poids, sans toutefois résorber l’écart d’environ 1 kg avec 2025. La semaine dernière marque un tournant : avec un recul de 370 grammes, cet écart se réduit à 670 grammes. Il s’agit d’un signal clair d’un rééquilibrage progressif du marché. Cependant, Pâques pourrait rapidement venir perturber cette nouvelle dynamique.

Union européenne

En Allemagne, les producteurs ont accéléré les livraisons à l’approche de Pâques, tandis que les poids continuent de reculer. Le marché de la viande reste sans véritable impulsion, d’autant que la baisse temporaire des températures pèse sur la consommation.

En Espagne, sur le plan sanitaire, deux nouveaux foyers de PPA ont été détectés chez des sangliers, portant à 40 le nombre total de foyers et à 232 cas positifs. Plus de 2 000 tests restent négatifs. Sur le marché, la situation reste tendue avec une forte demande des abattoirs face à une offre limitée, liée à la saisonnalité et à la rétention des animaux. Les poids se stabilisent autour de 94,8 kg, proches de 2025. Les prix se sont normalisés au niveau européen et continuent de progresser, mais à un rythme plus modéré. Les perspectives dépendent surtout de l’évolution sanitaire et de la capacité du marché de la viande à suivre la hausse.

En Belgique, le volume d’abattage a augmenté la semaine dernière, les producteurs libérant des porcs retenus précédemment pour accompagner la pression haussière sur les prix. Le marché de la viande apparaît lui aussi plus stable, traduisant un certain retour à l’équilibre.

En Italie, le prix progresse de manière sensible, soutenu par la demande liée à Pâques et par une gestion plus maîtrisée de l’offre. Le contexte international favorable renforce cette dynamique. Malgré une hausse attendue de l’offre à court terme, la tendance devrait rester légèrement haussière dans les prochaines semaines.

États-Unis et Chine

Le marché américain apparaît globalement stable, avec des niveaux de prix qui se maintiennent au-dessus des moyennes historiques. La valorisation des découpes progresse légèrement, soutenue par certaines pièces, malgré un repli du jambon lié à des effets saisonniers. Les abattages restent élevés mais sans réelle dynamique de hausse, traduisant un équilibre entre offre et demande. Depuis le début de l’année, la fermeté du marché de la viande confirme une demande solide, tant sur le marché intérieur qu’à l’export. À court terme, l’évolution dépendra du calendrier saisonnier, avec un possible ralentissement avant un raffermissement attendu à l’approche de l’été et de la saison des grillades.

Le marché porcin chinois est resté dominé par une pression structurelle d’offre, avec des volumes toujours élevés issus des cycles de production en cours. Les sorties d’animaux demeurent soutenues, tandis que la consommation intérieure reste limitée, notamment en période creuse, ce qui freine l’absorption des volumes. Dans ce contexte, les prix ont poursuivi une évolution hésitante, alternant stabilisation et légers replis selon les régions. Les abatteurs restent prudents face à des débouchés peu dynamiques, ce qui limite les achats.