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21-Avr-2026 (aujourd'hui)Une fois la stratégie de diagnostic établie, l'étape suivante consiste à surveiller, et c'est là que de nombreux élevages échouent. Comme l'a déclaré M. Cano : « Si vous attendez que les porcs toussent, il est déjà trop tard ». L'objectif n'est pas seulement de diagnostiquer la CRP une fois il est visible, mais aussi de détecter les premiers signes indiquant que quelque chose est en train de se développer.
Segalés et Cano ont partagé plusieurs outils et stratégies pratiques pour surveiller le CRP de manière proactive :
Nécropsie de routine avec suivi des lésions : il ne s'agit pas seulement de pratiquer des autopsies, mais aussi de rechercher les changements au fil du temps. Le suivi de la gravité et des types de lésions peut aider à identifier les tendances émergentes ou les changements dans la pression des agents pathogènes bien avant qu'ils ne se transforment en épisodes cliniques.
Systèmes de notation des lésions pulmonaires : l'utilisation d'un système de notation cohérent pour tous les lots (que ce soit à l'abattoir ou à l'élevage) fournit des données quantifiables. M. Segalés a souligné que la notation des lésions ne sert pas uniquement à la recherche : « C'est l'un des rares outils sur le terrain qui fournit des informations objectives sur le fonctionnement de votre programme de contrôle ».
Suivi des courbes de croissance et des fréquences de traitement : une légère baisse du gain moyen quotidien ou une augmentation de l'utilisation de traitements injectables précède souvent l'apparition de la maladie clinique. Si l'on y prête suffisamment attention, les chiffres parlent avant les poumons.
Programmes de surveillance active : la PCR des fluides oraux, les prélèvements nasaux ciblés ou les échantillons groupés peuvent fournir des indications précoces sur l'activité des agents pathogènes. Ces outils sont particulièrement utiles dans les grands systèmes, où la détection précoce de la circulation des agents pathogènes peut empêcher leur propagation à grande échelle.
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Le CRP ne surgit pas de nulle part. Selon Cano, « les agents pathogènes sont partout, c'est l'environnement qui détermine qui tombe malade ». C'est pourquoi deux élevages présentant des infections similaires peuvent obtenir des résultats complètement différents.
Segalés et Cano ont souligné que le CRP se nourrit non seulement des agents pathogènes, mais aussi des conditions qui leur permettent de causer des dommages. Lorsque le système est déjà stressé, même des infections bénignes peuvent se transformer en maladies graves.
Voici les principales causes :
Production dans des conditions de forte densité : Cano l'a clairement dit : « Si vous entassez les porcs comme des sardines, ne soyez pas surpris si les maladies se propagent comme une traînée de poudre ». La forte densité animale augmente les contacts directs, la transmission par aérosols et le stress général, autant de facteurs qui favorisent les agents pathogènes respiratoires.
Mauvaise ventilation : un coupable habituel. Lorsque le flux d'air est insuffisant, des gaz tels que l'ammoniac et le CO2 s'accumulent, endommageant les voies respiratoires et affaiblissant les défenses immunitaires locales. En hiver, la réduction de la ventilation pour conserver la chaleur entraîne souvent des problèmes qui peuvent rester cachés.
Fluctuations de température : les changements brusques de température (en particulier entre le jour et la nuit) perturbent la thermorégulation des porcs, ce qui affaiblit leur capacité à répondre aux agents pathogènes. M. Segalés a souligné que les jeunes porcs en post-sevrage sont particulièrement vulnérables à ces changements, notamment lorsqu'ils changent d'environnement ou pendant la transition
Facteurs de stress : Le transport, le sevrage, la manipulation et le mélange des animaux sont des facteurs qui activent l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, supprimant ainsi le système immunitaire. Même le stress thermique en été peut aggraver les maladies respiratoires.
En définitive, l'environnement de l'élevage amplifie ou supprime le CRP. C'est pourquoi la gestion de la ventilation, de la densité et de la conception du flux n'est pas seulement une question de confort, mais aussi une stratégie de contrôle des maladies.
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Oui, mais pas seule. Tel était le message clair de Cano et Segalés. Cano a déclaré : « La vaccination est un outil, pas une solution miracle ». Vous ne pouvez pas utiliser la vaccination pour remédier à une mauvaise gestion ou à un flux de production déficient. Tous deux ont insisté sur le fait que les vaccins sont essentiels, en particulier contre les agents viraux primaires tels que le SDRP, la grippe et Mycoplasma hyopneumoniae, mais que leur efficacité dépend de trois facteurs clés :
Connaître ce qui circule : avant de concevoir un programme de vaccination, il est nécessaire de savoir quels agents pathogènes sont présents, comment ils se comportent dans votre flux de production spécifique et quelle immunité existe déjà dans l'élevage. Segalés a mis en garde contre les « programmes de vaccination systématiques qui n'ont pas fait l'objet d'un rapport diagnostique depuis trois ans ».
Moment et stratégie : il ne s'agit pas seulement de savoir contre quoi nous vaccinons, mais aussi quand. Si la vaccination est effectuée trop tôt, elle peut interférer avec les anticorps maternels ; si elle est effectuée trop tard, le virus circule déjà. M. Cano a souligné que la vaccination massive des porcelets sans séparation des flux finit souvent par être plus néfaste que bénéfique, car elle crée une fausse sécurité.
Combinaison avec la conduite : C'était peut-être son point le plus important : la vaccination doit s'accompagner de biosécurité, de surveillance et de discipline dans les flux. M. Cano a été clair : « Si vous vaccinez puis mélangez des porcs d'âges et de flux différents, vous gâchez tout le travail accompli ». Une bonne stratégie de vaccination ne sert à rien si les porcs sont stressés, mal ventilés ou constamment exposés à de nouvelles sources d'infection.
En ce qui concerne les vaccins bactériens (APP ou Pasteurella), les intervenants ont rappelé qu'ils doivent être utilisés de manière sélective et uniquement après avoir confirmé leur pertinence dans l'élevage grâce à l'évaluation des lésions et à des tests de laboratoire.
En résumé : la vaccination peut réduire considérablement l'impact du CRP, mais uniquement lorsqu'elle est basée sur un diagnostic, administrée au bon moment et s'inscrit dans une stratégie de contrôle plus large. Comme l'a dit Segalés : « Les vaccins font partie de l'orchestre, mais ils ne jouent pas seuls ».