Les conséquences du risque de la recombinaison du SDRPv

Giovani TrevisanMichael ZellerMariamawit Mohammed Daniel LinharesPhillip C. GaugerJianqiang Zhang
07-Jul-2025 (il y a 8 mois 24 jours)

La recombinaison est un processus naturel et un facteur déterminant de l'évolution génétique du virus du syndrome dysgénésique et respiratoire porcin (SDRPv). Depuis la fin des années 90, l'apparition de recombinaisons a été signalée dans des expériences en laboratoire sur des cultures cellulaires. Pour que la recombinaison ait lieu, deux virus doivent infecter une cellule et se répliquer, en échangeant du matériel génétique entre eux et en donnant naissance à un nouveau virus descendant (Figure 1).

<p>Figure 1 : Repr&eacute;sentation d&#39;une recombinaison g&eacute;n&eacute;rant un nouveau virus. La r&eacute;gion situ&eacute;e avant et apr&egrave;s les points d&#39;intersection des deux lignes indique la partie de g&eacute;nomes re&ccedil;us des deux virus parentaux. Les r&eacute;gions du g&eacute;nome sont repr&eacute;sent&eacute;es dans la partie sup&eacute;rieure.</p>

La littérature récente fait état de recombinaisons entre :

Les événements de recombinaison ont peut-être toujours existé dans les élevages, mais ce qui a changé ces dernières années, c'est notre capacité à les détecter grâce à l'utilisation croissante du séquençage de nouvelle génération (NGS - Next Generation Sequencing), comme l'explique l'article "Diagnostic moléculaire du SDRP : quand séquencer seulement 4 % ne suffit pas" et la disponibilité d'outils bioinformatiques pour l'analyse des recombinaisons.

De nombreuses recombinaisons qui ont lieu sur le terrain peuvent générer des virus non viables ou des virus qui ne parviennent pas à établir une infection stable et à persister dans la population. La plus grande préoccupation pour la santé animale provient des recombinaisons entre deux virus de terrain différents (Figure 2).

Les souches émergentes récentes Rosalía et L1C.5 sont des exemples de souches agressives de SDRP issues de la recombinaison de virus de terrain et qui se sont établies de manière endémique dans la population porcine, provoquant des signes cliniques agressifs.

Cependant, la question qui reste en suspens est la suivante :

Les recommandations figurant dans la notice des vaccins vivants modifiés indiquent leur utilisation chez des animaux sains afin de développer une immunité individuelle avant une infection par un virus sauvage. Dans la lutte contre les souches de SDRP de terrain, les virus vaccinaux MLV co-circulent souvent avec les virus de terrain. Les virus recombinants dérivés de souches vaccinales ne sont pas aussi agressifs que les virus de terrain ou les recombinants de virus de terrain (Figure 2).

Aux États-Unis, des rapports indiquent que l'adoption de mesures telles que le renforcement des pratiques de confinement biologique et de biosécurité afin d'éviter la propagation du virus entre les salles de maternité, ainsi que l'amélioration de l'immunité individuelle des porcelets, ont donné des résultats prometteurs dans la réduction des implications cliniques de ces SDRPv-2 dérivés de virus MLV récemment apparus. En Europe, il a également été rapporté que, dans le cadre d'essais cliniques, les recombinants SDRPv-1 dérivés de virus MLV vaccinaux ne sont pas aussi bénins que les virus MLV ni aussi agressifs que les virus de terrain. Les virus recombinants chimériques du SDRPv-2 produits en laboratoire à partir de virus de terrain et de virus MLV inoculés expérimentalement à des porcs ont montré des signes cliniques moins agressifs que les virus de terrain, mais pas des effets cliniques aussi bénins que les virus vaccinaux (figure 2). En outre, des rapports indiquent que des virus récupérés dans des élevages, qui se sont avérés être des virus recombinants de terrain, entre des souches vaccinales et des souches de terrain, ont posé des difficultés supplémentaires pour leur croissance en culture cellulaire.

Figure 2 : Implications cliniques et capacité bioinformatique à détecter la recombinaison entre différents SDRPv.

Souche SDRP

Conséquences cliniques

Capacité bioinformatique

pour détecter la recombinaison

Virus vivant modifié (MLV) <p>up</p>
<p>up</p>
Recombinant MLV & MLV
Recombinant MLV & SDRPv terrain
SDRPv terrain

Recombinant

SDRPv terrain & SDRPv terrain

Une autre approche utilisée dans certains pays pour gérer le SDRPv consiste à mettre en œuvre l'inoculation de virus vivants (LVI - Live Virus Inoculum), qui implique de prélever des échantillons (tels que du sérum ou des poumons) directement dans l'élevage, de confirmer la présence du SDRPv par RT-PCR, de diluer les échantillons dans un milieu et d'exposer les animaux au virus présent dans l'élevage.

Les virus de terrain ne sont pas atténués et, en particulier, la LVI pourrait contenir, sans le savoir, plusieurs souches de SDRPv, créant ainsi une opportunité de recombinaison des virus de terrain.

En outre, l'utilisation de matériel pour la LVI n'est pas légalement approuvée dans de nombreux pays et peut contenir d'autres agents pathogènes circulant dans le sang des donneurs, par exemple le circovirus porcin, le parvovirus porcin, etc., ce qui pose des problèmes supplémentaires pour le contrôle des maladies.

Quelles sont les implications de la présence de plusieurs souches et/ou recombinants du SDRP ?

Le contrôle du SDRP peut contribuer à réduire l'apparition d'événements de recombinaison

En voici quelques exemples :

Lors de l'utilisation d'un vaccin vivant contre le SDRP, éviter de mélanger ou d'injecter deux vaccins vivants simultanément. Éviter également de faire tourner les vaccins vivants contre le SDRP au sein d'un élevage ou d'un flux de production.

Suivre scrupuleusement les recommandations figurant sur l'étiquette des vaccins vivants qui indiquent leur utilisation chez des animaux sains afin d'induire une immunité individuelle avant une infection attendue par un virus de terrain.

Le virus du SDRP est déjà en soi un agent pathogène qui représente un défi pour la santé animale et continue d'évoluer génétiquement au fil du temps. Le contrôle du SDRP améliore non seulement la productivité, mais réduit également les risques que différents virus de terrain se recombinent et donnent naissance à d'autres virus plus virulents.