Une pause momentanée

Guillem Burset
28-Avr-2025 (il y a 11 mois 3 jours)

La Semaine Sainte a marqué une petite trêve dans les hausses successives en Espagne depuis le 6 février. Tout semble indiquer que même la perte de jours d'abattage pendant trois semaines consécutives ne sera pas un obstacle à la hausse ; ces jours fériés n'auront servi qu'à la ralentir.

Dans toute l'Europe, les prix se sont stabilisés pendant la Semaine Sainte. L'Allemagne a enregistré une hausse de 5 centimes sur le prix du porc en carcasse mercredi dernier, le 23 (rappelons que son prix reste nettement inférieur à celui de l'Espagne). Il reste à voir le comportement de ses voisins d'Europe centrale.

La situation du marché espagnol reste déséquilibrée ; il n'y a pas assez de porcs disponibles pour alimenter l'activité de tous les abattoirs. Le résultat du marché espagnol de référence d'hier montre que, pour l'instant, le prix espagnol se maintient, marquant une pause pour reprendre son souffle.

Officiellement, le recensement porcin espagnol de novembre 2024 affichait 150 000 truies de moins en production par rapport à l'année précédente. Nous ignorons où pourrait se situer l'erreur, mais tous les opérateurs de première ligne que nous avons consultés nous ont fait part de leur profond étonnement face à cette information. Nous pensons qu'une erreur malicieuse s'est glissée dans l'élaboration de ces données et que ce chiffre n'est pas fidèle à la réalité. L'engraissement des porcs en Espagne a été, et reste, une activité rentable, et nous ne croyons pas que quiconque cherche à réduire son cheptel de truies. La persistance du SDRP ne saurait non plus justifier cette prétendue baisse. Nous verrons si une rectification est publiée.

Nous abordons le printemps dans l'attente. La traditionnelle hausse de la consommation de produits pour barbecue est attendue (ce qui soutient le marché). L'Italie s'est réveillée d'une longue léthargie et montre un intérêt accru pour l'achat (un autre facteur positif pour le marché).

La politique douanière erratique de Trump a pénalisé la cotation du dollar américain.

Cette situation nuit aux exportations de tous les pays européens (l'euro devient plus cher sur le marché mondial) et favorise celles des pays dont l'économie est dollarisée (États-Unis, Canada, Brésil, etc.).

Nous ne pouvons avancer aucun pronostic sur l'impact des droits de douane de Trump sur le commerce mondial du porc. La principale raison est qu'aucune décision définitive n'a encore été prise et que tout reste possible.

Pour avoir une bonne vision d'ensemble des exportations américaines, rien de mieux que de les détailler dans le tableau suivant :

Pays Total importé des États-Unis en 2024 (t)
Mexique 1 150 000
Chine – Hong Kong 467 000
Japon 336 000
Canada 214 000
Corée du Sud 214 000
Amérique centrale 166 000
Colombie 142 000
Antilles 127 000
Océanie (Australie + NZ) 102 000
Philippines 64 000
Total (nécessairement partiel) 2 982 000

Source : USDA

Les quantités mentionnées représentent 98,40 % du total des 3,03 millions de tonnes exportées au total.

Si l'un des principaux clients des États-Unis impose des droits de douane en réponse aux taxes de Trump, les producteurs américains devront choisir entre compenser ces charges par des baisses de prix ou abandonner ce marché spécifique. Une situation où tout le monde perd. Il est très risqué de faire des prévisions. Tout est très confus. Tout est extraordinairement incertain à ce sujet.

La réalité espagnole, en tant que leader du porc communautaire, est la suivante :

Nous terminerons aujourd'hui par une phrase de l'écrivain américain John Verdon : “L'action est le meilleur antidote à l'anxiété et l'information est le seul remède contre l'incertitude”.

Guillem Burset