L'exposition artificielle et contrôlée des primipares à des homogénats de tissus pulmonaires contenant Mycoplasma hyopneumoniae (M. hyopneumoniae) par aérosol a été proposée comme stratégie d'acclimatation pour le repeuplement sur le terrain, principalement aux États-Unis. Elle vise à réduire la présence de cochettes positives lors de la mise bas et donc à prévenir l'infection des porcelets (Pieters et Fano, 2016). En outre, des programmes d'élimination de M. hyopneumoniae sont également souvent mis en œuvre, qui peuvent inclure l'aérosolisation d'un milieu contenant du tissu pulmonaire positif à l'agent pathogène pour obtenir une exposition de la population avant le début du programme (McDowel et al., 2023). L'infectivité et l'évolution clinique de la maladie causée par les aérosols de M. hyopneumoniae sont donc d'actualité.
Depuis leur première description en 1965, les modèles expérimentaux d'infection par M. hyopneumoniae ont été largement utilisés pour étudier différents aspects de la maladie, ainsi que pour évaluer l'efficacité des vaccins et des antibiotiques. La voie d'inoculation la plus couramment utilisée pour l'infection est intratrachéale, l'aérosol étant la méthode la moins utilisée malgré sa similitude avec l'infection naturelle (Garcia-Morante et al., 2017b).
Afin de développer et de caractériser un modèle d'aérosol pour la reproduction de la pneumonie à mycoplasme chez les porcs, une étude a été menée pour déterminer la pathogénicité, la colonisation, la réponse immunitaire des muqueuses et l'évolution clinique de la maladie par des aérosols de doses contrôlées de M. hyopneumoniae.
Quatre groupes de trois cochettes exemptes de M. hyopneumoniae ont été exposés individuellement, dans une enceinte (figure 1), à des aérosols d'homogénat pulmonaire dilué contenant la souche 232 de M. hyopneumoniae. Chaque groupe a été exposé à des doses différentes (tableau 1).
Pour évaluer la production d'IgG et d'IgA au niveau des muqueuses, un test ELISA modifié a été réalisé sur le LBA, les sécrétions trachéales profondes et les sécrétions nasales.
Pour évaluer la charge bactérienne, une PCR en temps réel a été réalisée sur des échantillons de sécrétions nasales, laryngées, trachéales profondes et bronchiques.

Tableau 1. Groupes expérimentaux et conditions d'exposition. L'exposition à l'aérosol a été réalisée une fois sur deux jours consécutifs (jour 0 et jour 1) avec la souche 232 de M. hyopneumoniae.
| Groupe expérimental | Titre | Volume total | Tiemps d'exposition |
|---|---|---|---|
| DB/EC | 105 UCC/mL | 10 mL | 15-20 min/jour |
| DB/EL | 105 UCC/mL | 20 mL | 30-35 min/jour |
| DA/EC | 106 UCC/mL | 10 mL | 15-20 min/jour |
| DA/EL | 106 UCC/mL | 20 mL | 30-35 min/jour |
DB/EC= faible dose/exposition courte ; DB/EL= faible dose/exposition longue ; DA/EC= forte dose/exposition courte ; DA/EL= forte dose/exposition longue ; UCC= unités de changement de couleur.
L'absence de M. hyopneumoniae a été confirmée pour toutes les cochettes par l'absence d'anticorps et la non-détection de l'agent pathogène avant le challenge. Par la suite, M. hyopneumoniae a été détecté par PCR en temps réel à partir de 7 jours dans plusieurs types d'échantillons.
La reproduction de la pneumonie à mycoplasme a été réalisée avec succès par aérosolisation.
Étant donné que toutes les cochettes ont été exposées dans les mêmes conditions à la même souche de M. hyopneumoniae, les présents résultats suggèrent que la dose d'inoculum a affecté l'issue clinique de l'infection plutôt que la dynamique de l'infection ou la réponse immunitaire humorale des muqueuses.
Les cochettes ont été infectées à peu près au même moment, quelle que soit la dose infectieuse.

Les modèles expérimentaux de maladies sont un outil indispensable pour évaluer la pathogenèse, la dynamique de la réponse immunitaire et l'efficacité et la sécurité de thérapies innovantes potentielles. Dans cette étude, les manifestations cliniques et pathologiques, l'infection et l'établissement de la réponse immunitaire ont démontré que la pneumonie à mycoplasme peut être reproduite avec succès par aérosolisation, sans être inférieure aux voies d'inoculation plus classiques, telles que l'inoculation intratrachéale. Ces voies nécessitent en outre la contention des animaux et sont moins pratiques sur le terrain.

La faculté d'établir des infections par M. hyopneumoniae au moyen d'aérosols peut permettre divers types d'expériences qui ne seraient pas possibles autrement ou qui seraient contrariées par l'utilisation de voies d'inoculation plus artificielles. En outre, le manque de connaissances sur la pathogenèse des maladies naturelles et l'utilisation de systèmes de nébulisation pour les programmes d'acclimatation ou d'élimination de M. hyopneumoniae chez les cochettes justifient le développement d'un modèle de maladie par aérosol.