Améliorer le bien-être et réduire l'impact environnemental des élevages : le concept Physior

Amàlia Cordero
13-Sep-2024 (il y a 1 ans 6 mois 18 jours)

La Coopérative Le Gouessant, en France, s'est engagée à améliorer la qualité de ses élevages pour répondre à la demande croissante de la société en viande issue d'animaux élevés dans des conditions plus respectueuses de leur bien-être et minimisant l'impact sur l'environnement. Face à ces nouveaux défis, Le Gouessant a développé le concept "Physior". Ce système, qui se situe entre la production conventionnelle et la production biologique, vise à améliorer le bien-être des animaux, la durabilité environnementale et l'efficacité économique.

Dans le cadre des activités programmées lors du Space 2022, nous avons eu l'occasion de visiter l'élevage "La Maison Neuve", situé à Plestan, en compagnie de Sophie Ambrois. C'est le premier élevage à appliquer le concept "Physior" à tous les stades de la production et il sert de banc d'essai à la coopérative grâce aux cases sentinelles équipées de toute une série de capteurs.

Pierre Morfouace, propriétaire de "La Maison Neuve" a décidé de rénover son élevage en raison du vieillissement des installations et de la nécessité de s'adapter aux nouvelles attentes de la société et du marché. L'intérêt de son neveu, Jules Chatton, pour l'élevage de porcs, ainsi que son projet de reprendre l’exploitation à terme, ont également joué un rôle crucial dans la décision de se lancer dans ce projet innovant.

Les premières cochettes sont entrées en avril 2021 et les premiers porcs charcutiers ont été commercialisés en avril 2022. L'élevage a une capacité de 265 truies et une production de 6200 porcs/an, avec une conduite en 7 bandes et un sevrage à 28 jours, où travaillent le propriétaire, M. Pierre Morfouace, 2 salariés (Noémie Studer et Jules Chatton) et un apprenti. L'investissement initial a été de 4,6 millions d'euros, dont 1 million a été consacré à la R&D. Le projet a bénéficié aussi de subventions de la Région Bretagne.

Physior

Améliorer le bien-être des animaux et du personnel

Les bâtiments sont optimisés pour le confort de l'éleveur et de ses animaux.

Le concept Physior repose sur un aménagement en 3 zones de vies : couchage, alimentation/abreuvement, déjections. Cela implique une zone intérieure, pensée pour le confort et le repos des animaux, et une courette extérieure avec accès à l’air libre et à la lumière naturelle.

Dans tous les bâtiments :

Physior

En outre:

Physior

"La Maison Neuve" comme banc d'essai

Plusieurs cases "sentinelles" sont équipées de caméras et de capteurs associés à des boucles RFID, qui permettent d'identifier et de suivre individuellement les mouvements et le comportement de chaque porc et de générer un grand nombre de données (suivi de la consommation d'eau et d'aliments, température, humidité, taux de CO2 et d'ammoniac, présence de particules, etc.), ainsi que des valeurs liées au confort de travail (répartition des tâches, mesures de bruit...). Des critères d'évaluation ont également été développés avec l'IFIP pour observer et analyser le comportement, la santé et l'hygiène, ainsi que la relation homme-animal.

Avantages et inconvénients du système

La conception de bâtiments avec le système Physior offre des multiples avantages mais aussi quelques inconvénients ou points à améliorer :

Conditions de travail

D’après Pierre Morfouace, de nombreuses candidatures ont été déposées. « Elles témoignent de l’attractivité du modèle Physior® auprès des salariés d’élevage. C’est un enjeu crucial pour les productions animales qui peinent à recruter. »

Physior

Bien-être animal et efficacité

Durabilité et efficacité économique

La collecte de données scientifiques et l'utilisation de technologies avancées permettent d'optimiser les ressources et d'améliorer l'efficacité économique, garantissant ainsi la viabilité à long terme de l'exploitation.

Physior

Commercialisation des animaux

L’éleveur a contractualisé un accord de commercialisation sur 12 ans de ses porcs avec une entreprise de l’aval. Contrat ayant pris en compte le surcoût lié à ce modèle d’élevage, compter environ 30% de surcoût. Les consommateurs semblent prêts à payer plus pour ce produit. Maintenant, l’avenir dira si les paroles se transformeront en actes réels d’achat et sur quel pourcentage...