Bien qu'ayant un impact moins important que les maladies infectieuses, les maladies
parasitaires peuvent avoir une
incidence notable, et
souvent sous-estimée, sur la production porcine.
Ces maladies provoquent
rarement des pertes directes
par mortalité des porcs affectés mais elles peuvent être une
cause importante de pertes indirectes. Certaines
d'entre elles, comme la trichinellose, sont un
problème
sanitaire humain d'importance capitale.
Les parasites aggravent l'action des agents infectieux
de différentes façons : en ouvrant la voie aux infections par le
biais des migrations des parasites, en agissant comme des vecteurs mécaniques
ou biologiques des agents infectieux, en diminuant la résistance des porcs
et en détériorant ou en annulant l'efficacité des vaccinations.
Dans la production intensive moderne qui s'est développée dans les
dernières décades, le contrôle des principales maladies parasitaires
dues à des parasites internes a été facilité par les
systèmes de logement dans
des installations et
par des conduites d'élevage qui n'ètaient presque jamais favorables
au développement des cycles des agents parasitaires .
Il faut prendre en compte le fait que la majeure partie des parasites internes
du porc se transmet
par voie orale après
ingestion de l'agent parasitaire (à différents stades du cycle).
Les porcs parasités éliminent le parasite
dans
les fèces presque toujours sous forme d'uf, de larve ou
d'une autre forme devant é
voluer dans le milieu
extérieur puis les porcs récepteurs ingèrent ce
parasite sous la forme infectante évoluée. De plus, certains parasites
du porc ont un
cycle indirect dans lequel
participent des hôtes intermédiaires qui ne sont pas fréquents
dans les élevages intensifs.
Ainsi, ni le contact avec les fèces infectées, ni la survie et l'évolution
du parasite ou de son hôte intermédiaire
ne
sont faciles sur des sols en ciment, particulièrement sur des
sols en caillebotis. Ces paramètres
facilitent
le contrôle des maladies parasitaires basé sur des traitements
antiparasitaires de grande efficacité dont on dispose aujourd'hui.
Chez les porcs adultes, les parasitoses internes les plus importantes en production
industrielle continuent à être
l'ascaridiose
(
Ascaris suum) et
la trichurose (
Trichuris
suis). Leur persistance dans les bâtiments est favorisée par
leur cycle direct et parce que, dans les deux cas, les femelles produisent une
grande quantité d'
ufs très résistants
dans le milieu extérieur. Néanmoins, dans les ufs
éliminés dans les fèces des porcs parasités ont besoin,
pour suivre leur maturation, certaines conditions d'humidité et de température
adéquates.
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Ascaris
suum (ufs)
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Trichuris
suis
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Isospora
suis
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Dans le cas des parasitoses externes, la situation
est différente car elles ont toutes une transmission directe. Sans aucun
doute, la plus importante est
la gale (
Sarcoptes
scabiei) dont le contrôle a été rendu difficile par le
fait que les traitements externes employés classiquement n'étaient
pas efficaces sur les ufs et larves du parasite. La mise à disposition
des
avermectines spécifiquement destinées
à un usage chez le porc a facilité
le contrôle
et même l'éradication de cette importante parasitose.
Les nouveaux systèmes de production,
avec des truies en liberté et des sols compacts avec litière de
paille rendront sans aucun doute plus difficile le contrôle de certaines
maladies , en particulier des maladies parasitaires. Dans ces systèmes
de production,
le contact avec les fèces est important
et permanent et les conditions de température et d'humidité
obtenues dans les litières de paille
favorisent
les cycles évolutifs de nombreux agents parasitaires: les ufs
ou les formes non infectantes éliminées dans les fèces des
porcs parasités survivent mieux et elles atteignent la forme infectante
plus facilement que sur un sol en caillebotis. D'autre part, dans les maladies
parasitaires dues à des parasites à cycle indirect,
la
survie des hôtes intermédiaires peut être plus facile dans
les litières en paille.
On peut s'attendre à ce qu'avec les nouveaux systèmes de production
l'incidence de maladies parasitaires à cycle direct rares comme l'
hyostrongylose
(
Hyostrongylus rubidus), la
strongylose
(
Strongyloides ransomi), l'
sophagostomose
(
Oesophagostomum dentatum et
O. quadrispinulatum) augmente; il en
est de même pour les parasitoses à cycle direct ayant déjà
une prévalence importante comme l'ascaridiose et la trichurose. L'incidence
des maladies parasitaires dues à des agents à cycle indirect
dont
les hôtes intermédiaires survivent dans la paille peut
aussi augmenter.
Pour ce qui concerne les parasitoses dues à des protozoaires affectant
les porcelets, essentiellement la
coccidiose
(
Isospora suis), on ne peut attendre de changements puisque, pour l'instant,
le type de bâtiments les concernant ne change pas.
Les ectoparasitoses, en particulier la gale et les infections
par les poux et les puces seront aussi plus difficiles à contrôler
car elles se transmettent beaucoup mieux entre animaux en liberté et avec
des litières de paille.
Il faut cependant tenir compte du fait que pour qu'un bâtiment soit affecté
par une maladie parasitaire, il faut en premier lieu qu'il s'infecte et
beaucoup
de bâtiments actuels sont indemnes en totalité ou en grande
partie de maladies parasitaires.
La meilleure mesure de contrôle face à ces nouvelles situations est
d'
éviter d'introduire des porcs parasités
dans l'élevage et de soumettre les animaux devant être introduits
à une
quarantaine pertinente pendant
laquelle les animaux seront analysés, et, le cas échéant,
déparasités de façon appropriée.
Pour éviter le développement de maladies parasitaires présentes
dans certains élevages, comme l'ascaridiose, le plus efficace est d'
appliquer
un programme intensif de prévention avant la mise en liberté des
truies pour diminuer la pression d'infection. Dans le cas d'un élevage
infecté par la gale, l'idéal est aussi d'appliquer un programme
d'éradication avant que les truies ne soient mises en liberté.