Protocoles de santé pour l'entrée du renouvellement : adaptation aux principales maladies digestives (3/3)

Anna Romagosa
13-Nov-2016 (il y a 9 ans 4 mois 18 jours)

Dans le cadre du programme d’adaptation/acclimatation des primipares, on ne doit pas oublier l’importance de l’adaptation du cheptel de renouvellement aux pathogènes entériques présents sur l’élevage. Dans ce cas, les objectifs de l’adaptation sont : exposer les futures truies reproductrices à la microflore pathogène présente sur l’élevage et assurer une concentration adéquate d’anticorps spécifiques au moment de la mise-bas qui protège la descendance des processus entériques en lactation.

Comme dans toute adaptation, la combinaison de l’exposition naturelle et des vaccins serait le plus souhaitable. Cependant, dans le cas des pathogènes entériques, la réponse immunitaire active dépend de la production d’anticorps au niveau de la muqueuse et c’est la raison pour laquelle la majorité des vaccins efficaces doivent être administrés par voie orale (par exemple le vaccin contre Lawsonia intracellularis). Il n’y a pas beaucoup d’options sur le marché pour l’utilisation de l’immunoprophylaxie, seulement le vaccin contre E. coli, Clostridium intracellularis et les autovaccins.

L’exposition naturelle ou « feedback » a été largement utilisée dans l’adaptation des primipares. Bien qu’il n’y ait pas de science exacte par rapport au protocole d’application du « feedback », quand on l’applique correctement (exposition suffisante), on observe une efficacité sur le contrôle de certaines pathologies entériques pour lesquelles l’immunité vaccinale n’est pas suffisante ou n’existe pas (GET, rotavirus, etc. …).

Il y a trois points essentiels que l’on doit prendre en compte dans le processus de « feedback » :

Réalisation du feedback en renouvellement

  1. Certaines bactéries sont capables de produire rapidement des toxines et quelques pathogènes peuvent être détruits et perdre leurs propriétés immunogènes avec le temps. Utiliser du matériel « frais » ou le congeler.
  2. Administrer le « feedback » en plusieurs fois et de façon consistante. Laisser « refroidir » les animaux, c’est-à-dire arrêter d’administrer au moment opportun pour éviter qu’il y ait de l’excrétion à l’entrée en maternité. Il est fortement recommandé d’utiliser cette technique pendant l’adaptation et avant la mise-bas.
  3. Analyser la matière (on peut congeler des prélèvements pour leur analyse ultérieure) pour savoir ce que l’on administre aux animaux. Il est inutile d’utiliser ce système pour l’immunisation contre Clostridium ou le rotavirus si le pathogène ou la souche ne sont pas présents. Il est important pour le cheptel de renouvellement que l’exposition soit consistante (par exemple avec la DEP, la quantité que l’on expose à un animal est plus importante que de répéter de multiples prises avec peu de quantité de virus).

Pour certains pathogènes comme E. coli ou Clostridium, l’utilisation supplémentaire postérieure (au « feedback ») d’un vaccin bactérien peut bien fonctionner comme « booster ».

Il est très important d’analyser la nécessité ou non de l’utilisation de cette technique. Ne pas l’utiliser quand il y a un épisode de SDRP ou dans des élevages avec de la dysenterie porcine.

 

Exemple d’un programme de « feedback » sur le renouvellement

Matériel à prélever

 

Porcelets avec de la diarrhée en lactation.

Figure 1 : porcelets avec de la diarrhée en lactation.

 

Préparation du matériel

Feedback préparé

Figure 2 : eau préparée pour utiliser après une nuit au« repos ».

 

Administration du « feedback »

 

Rétro-alimentation  du cheptel de renouvellement avant la mise-bas

Matériel et préparation

Administration

Tenir compte que pour le cheptel de renouvellement il est important de ne pas administrer le feedback avant les 20-22 semaines de vie et dans les 3 semaines avant l’insémination ou la mise-bas.

La technique du « feedback » chez les primipares avant la mise-bas qui n’ont pas été exposées pendant la phase d’adaptation peut être contre-productive parce qu’elles peuvent être le véhicule de transport de ces pathogènes vers la salle de mise-bas. L’exposition pendant la phase d’adaptation peut être envisagée comme une première dose d’un vaccin et l’exposition pré mise-bas comme le « booster ».

Tableau 1 : caractéristiques du feedback selon le matériel utilisé

  Coût équipement Temps employé Facilité Efficacité
Matériel congelé + ++ ++ ++
Distributeur repas liquide ++ + +++ +++
Doseurs  d’eau +++ + +++ +++
Spray + +++ + +