Nous avons commencé l'année avec le cours espagnol à 0,947 €/kg vif. Trois mois plus tard, nous avons un prix à 0,950 €/kg vif. Trois longs mois de la plus absolue des pénuries.
Après Noël, il existait un cumul de bétail en retard qui a entravé ce cours depuis ce moment jusqu'à maintenant. Tant bien que mal, l'abattoir a géré cela en forçant la machine pendant les semaines sans jours fériés. Nous sommes sortis des jours fériés de Pâques avec de nouveaux retards – d'où le demi-centime de baisse sur le dernier marché du mois – mais les gros nuages qui s'amoncèlent sur le marché espagnol ne sont plus ni si noirs ni aussi épais.

En effet :
Nous sommes devant un calendrier avec de nombreuses semaines entières –sans jours fériés– à venir. L'abattoir abat au maximum de sa capacité et ce flux d'abattages ne devrait pas s'interrompre. Il est d'ailleurs essentiel et indispensable que les abattages se maintiennent à des niveaux record (rappelons qu'en 2015, ils se sont montés à 7% de plus qu'en 2014 : la croissance en production a été importante). Abattre beaucoup et exporter tout ce qui est possible, voilà la seule recette.
Il est probable que les deux ou trois premières semaines d'avril servent à absorber les retards et ce ne sera qu'à partir de la fin du mois que le prix pourra monter pas à pas vers des niveaux plus décents.
Nous sommes toujours en pleine crise – très longue, très profonde cette fois – mais dorénavant elle ne peut que s'améliorer (ou s'atténuer, ce qui n'est pas rien).
Comme l'a affirmé l'écrivain catalan Noel Clarasó : "Chaque aube renferme un vif poème d'espoir, et, en allant nous coucher, pensons que l'aube reviendra".
Guillem Burset
