Stratégies nutritionnelles pour prévenir les entérotoxémies colibacillaires post-sevrage

Antonio Palomo Yagüe
21-Jul-2015 (il y a 10 ans 8 mois 10 jours)

Introduction

L'équilibre de la microflore favorise le bon développement et la maturation du système immunitaire de la base intestinale muqueuse où sont produites jusqu'à 65-70% des cellules de défense, ce qui réduit le risque de pathologies colibacillaires post-sevrage. Dans les stratégies nutritionnelles on doit tenir compte de la truie, porcelet, et de leur flore.

Le poids des porcelets est un facteur de risque important, que ce soit à la naissance comme au sevrage. Un poids plus faible c’est un risque accru de troubles colibacillaires. La nutrition de la truie dans son premier et dernier mois de gestation, autour de la mise-bas et pendant toute la lactation nous aidera à réduire l'incidence des tableaux entérotoxiques chez les porcelets après le sevrage (photo 1).

Poids élevé des porcelets au sevrage

Photo 1 Poids élevé au sevrage ==> Moindre risque de pathologies colibacillaires

Le développement gastro-intestinal pré et post-natal est un processus dynamique et prépare le porcelet pour sa croissance future. Avant la naissance, la maturation de l’appareil gastro-intestinal est influencée par la stimulation luminale et des facteurs hormonaux. Dans les dernières semaines de gestation le tractus gastro-intestinal augmente très rapidement et, au cours de sa maturation, connaît des changements liés à l'acidité de l'estomac, la concentration de chymotrypsine et de l'amylase pancréatique, les niveaux de trypsine et de lactase intestinale, et l'absorption de glucose et de protéines.

D'un point de vue nutritionnel, il y a 2 moments clés dans le développement de l'appareil digestif des porcelets moments: le temps du post-partum et celui de la brèche immunitaire des 3-6 semaines de vie.

L’ingestion de colostrum a un rôle crucial dans la croissance et la maturation de l'appareil digestif (Pluske, 2015), et son ingestion adéquate en tant que premier nutriment est essentielle pour réduire l'incidence des tableaux colibacillaires pendant la lactation et les phases suivantes.

L'écart immunitaire des 3-6 semaines de vie est le moment à  plus grand risque, et c’est là que  nous devons nous assurer que les porcelets ingèrent une quantité suffisante d’aliment pour satisfaire leurs besoins de base sans altérer la flore digestive, qui est très dynamique dans les 2 -3 semaines post-sevrage.

Après le sevrage, les porcelets ont des besoins nutritionnels élevés pour une qualité optimale de l'eau de boisson (microbiologique et physico-chimique), qui est la base nutritionnelle complémentaire de l’aliment dans son alimentation. L'eau de boisson est l'une des sources les plus importantes de diarrhées néonatales du point de vue nutritionnel (environ 10% du poids vif d'un cochon). Le rôle de l'eau potable sur les fonctions de base du corps est essentielle (thermorégulation, homéostasie, transport des nutriments et des hormones, équilibre hydrique, synthèse des protéines, entretien et croissance des tissus, etc.) ainsi que son interaction sur les comportements: si un porcelet ne boit pas suffisamment, il ne mange pas assez l’aliment nécessaire pour couvrir ses besoins de base.

L'objectif des principales stratégies nutritionnelles, tant des principes de base que ceux concernant les additifs et les matières premières, est d'assurer un effet bénéfique sur la flore digestive de porcelets et leur santé intestinale après le sevrage, et de réduire ainsi le risque de colibacillose. La flore commensale du tube digestif (> 1 000 espèces) a une plus grande influence sur la santé et les maladies des porcs qu'on ne le pensait précédemment (Lewis, 2013)

 

A. . Recommandations sur les principes nutritionnels

B. Recommandations sur les matières premières et les additifs

Appareil digestif d'un porcelet de 23 jours

Photo 2: Appareil digestif d'un porcelet de 23 jours.