Intérêt des analyses sérologiques par rapport au PCV2

Antonio Callén
06-Nov-2012 (il y a 13 ans 4 mois 25 jours)

Etant donné la forte prévalence de l'infection par le PCV2 et sa présence tant chez des animaux sains que chez des malades, on s'est demandé la valeur des analyses sérologiques en tant que test diagnostic face à cet agent. On sait que le diagnostic de la circovirose doit être basé sur les critères de Sorden. Cependant, les analyses présentent un intérêt qui est en fonction du type d'essai, de sa disponibilité et des circonstances ou des conditions pour lesquelles on cherche à les utiliser en plus de l'objectif.

Puisque l'on n'utilise pas le test d'immunofluorescence indirect (IFA) dans notre environnement et que le test d'immuno-peroxydase en monocouche (IPMA) reste pratiquement réservé au milieu scientifique, au vu de sa difficulté et de sa disponibilité limitée, on ne les traitera pas dans cet article. Il faut seulement dire que, pour certains experts, ce dernier serait le test de référence avec lequel on évalue les tests immun-enzymatiques ou ELISA.

Tests ELISA

A notre connaissance, on peut trouver deux grands groupes de tests ELISA :

ELISA de blocage

Actuellement on dispose d'un kit commercial qui est d'une grande utilité dans les conditions suivantes :

Figure 1 - Évolution de la réponse en Ig G et IgM mesurée en ELISA de blocage (INGENASA) et de la virémie du PCV2 après un challenge expérimental (Segalés et al. 2005)

 réponse IGG/IGM

Les IgM sont déjà détectées à partir de 7-14 jours post-infection, une semaine avant les IgG. A 3 semaines p.i. la séroprévalence est similaire. Tandis que les IgG persistent les IgM disparaissent progressivement. La distance relative entre celles-ci indique la période écoulée depuis l'infection.

Figure 2.- Profil sérologique transversal dans élevage atteint de circovirose clinique en absence de vaccination..

Profil sérologique dans un élevage atteint de circovirose en l’absence de vaccinationElevage avec problèmes de MAP à partir de 10 semaines de vie. Tout d'abord, les anticorps totaux nous donnent une idée de l'immunité maternelle et ensuite la séroconversion post-infection. Les différents groupes d'âges peuvent avoir eu des moments d'infection légèrement distincts. Pour interpréter ce graphique, il convient de revenir à la figure 1.

Évidemment, il faut être prudent au moment d'interpréter les résultats, car comme on l'a dit, infection n'est pas égale à maladie dans ce processus, principalement si les animaux ont été préalablement vaccinés. D'autre part, étant donné la prévalence élevée de PCV2, ces tests présentent peu d'intérêt sur des truies adultes et elles sont normalement réservées pour les porcelets et l'engraissement.

ELISA indirectes

En ce qui concerne les tests d'anticorps totaux, plusieurs sont disponibles et proposés par les laboratoires d'analyses. Ils peuvent être utiles dans (figure 2) :

Figure 3.- Profil sérologique transversal sur des porcelets vaccinés contre le PCV2 au sevrage : réponse comparative avec deux tests ELISA indirects pour des anticorps totaux.

Profil sérologique chez des porcelets vaccinés PCV2 au sevrage : réponse comparative avec deux tests ELISA indirects anticorps totaux
La réponse en IgG indique une évolution des anticorps d'origine maternelle et(ou) une séroconversion de courte durée après la vaccination. La réponse en IgM reste à des niveaux de base par l'absence d'infection. Les tests indirects se comportent de façon différente ; alors que A correspond à une immunité maternelle et une faible réponse au vaccin, à partir des 12 semaines, la B serait plus sensible indiquant mieux la réponse à la vaccination. Évidemment, ils mesurent des anticorps différents.

Par rapport à ces tests, il convient de clarifier qu'ils ne sont pas en relation avec le degré de protection sur des animaux vaccinés, puisqu'il y a des vaccins qui ou ne donnent pas de réponse à un de ces tests ou bien donnent une réponse irrégulière sans que ce ne soit un indice de perte de protection.

D'autre part, il est normal de trouver des résultats différents dans tests commerciaux différents (Aleff et al. 2007). Il est ainsi possible que, par exemple, alors qu'un test donne des résultats faibles ou inconstants, l'autre permette de mesurer parfaitement la réponse vaccinale (figure 3). Ne pas être conscient de ce fait peut conduire à des interprétations erronées. Au contraire, une bonne connaissance du test sérologique, liée à son utilisation dans une situation correcte, peut être d'une grande aide pour connaître la situation épidémiologique ou vaccinale et pour appliquer les mesures utiles.
Dans tous les cas, au moment d'interpréter une sérologie, il est conseillé d'avoir un bon schéma d'échantillonnage, la connaissance des commémoratifs des animaux prélevés et de consulter une personne expérimentée dans l'usage et l'interprétation de chaque test utilisé.

Finalement, il convient de souligner que bien que l'on parle souvent “de titres“ la majorité de ces tests sont de type "qualitatif" c'est-à-dire que des valeurs au-dessus d'un seuil sont considérées comme positives et celles qui sont en dessous négatives ; par conséquent, essayer de faire une évaluation quantitative des titres peut être frustrant ou au moins confus. Comme alternative, quelques fournisseurs proposent la réalisation de l'analyse du même échantillon dans plusieurs cupules arrivant à un résultat "semi-quantitatif" grâce à un calcul mathématique adéquat. D'autres élaborent une valeur ratio ou indice, parfois appelé S/P ratio calculé en “relation entre la valeur de lecture de l'échantillon et le témoin positif une fois déduit des deux la valeur du témoin négatif”. D'autres fois on compare la lecture de la cupule à celle d'une échelle prédéterminée de valeurs témoins positives et, parfois, on applique à la lecture de densité optique de la cupule une formule mathématique pour lui assigner un titre qui a été normalement élaboré en faisant une analyse en parallèle avec un test de référence (Segalés et al. 2011). Par conséquent, il faut être prudent au moment d'établir des conclusions basées sur des résultats quantitatifs; même si, selon la méthode d'obtention et l'objectif de la notation, ils pourraient être parfois utiles.

1 On a développé une ELISA spécifique pour vérifier la qualité de la vaccination avec l'un des vaccins commerciaux basé sur la réponse d'anticorps au baculovirus.