Le syndrome du dépérissement du porcelet en post-sevrage
J Harding, Y Huang, H Gauvreau. 2011. Periweaning Failure to Thrive Syndrome (PFTS): Experiences from Saskatchewan. 30th Annual Centraila Swine Research Update
20-Jul-2011 (il y a 14 ans 8 mois 12 jours)
Le premier cas de syndrome de dépérissement (PFTS, ses initiales
en anglais) décrit au Canada s'est produit dans un élevage naisseur-engraisseur
de 100 truies. La mortalité des porcelets récemment
sevrés est passée de 2 % à 7 %.
Bien que les porcelets fussent robustes et apparemment sains au sevrage, au bout
d'1 à 2 semaines, les porcelets atteints montraient de la léthargie,
de l'anorexie, une perte
de poids et devenaient poilus.
Au bout de 3 à 4 semaines les porcelets étaient amaigris
et la majorité a été euthanasiée. Beaucoup ont présenté
de la diarrhée sur une courte période,
bien que ce ne fût pas une découverte constante. Avant l'anorexie,
les porcelets avaient une taille normale. Grâce à un suivi par vidéo
on a observé que les porcelets atteints mangeaient, bien que très
lentement, ce qui a suggéré une perte d'appétit plus qu'une
incapacité à manger. On n'a pas observé de régurgitation.
Le symptôme le plus caractéristique observé dans les élevages
atteints par le PFTS est une stéréotypie
orale (mâcher et lécher), avec
un comportement de recherche excessive (fouiller, gratter avec les
pattes) lors du transfert des animaux atteints dans de nouveaux environnements.
Ce changement de comportement se produit chez un faible nombre de porcelets, mais
est très significatif et évident.
Le Dr. S Henry propose 4 phases pour le PFTS : " Active ", "Orale
", "Léthargique" et "Terminale". Après
la phase orale, les animaux restent débout, avec la tête inclinée
et bougent à peine. Ils ont déjà perdu beaucoup de leur condition
corporelle pendant cette phase. En atteignant cette phase on a dépassé
le point de retour et c'est le moment d'euthanasier l'animal.
On a essayé beaucoup d'interventions, dans l'alimentation, la ventilation,
le sanitaire, dans les programmes vaccinaux, mais la plupart ont été
inefficaces.
La seule exception a été l'usage de la chaux
hydratée comme agent asséchant dans les salles de mises-bas
et de maternité pendant le vide. Les observations de terrain montrent que
c'est partiellement efficace pour prévenir la mortalité par PFTS
pendant une période de temps postérieure au séchage. Il s'agit
d'une mesure peu pratique et peu compatible avec les mesures de sécurité
pour les salariés, mais la découverte a servi à orienter
la cause vers une possible origine infectieuse.
Lors des autopsies, on a écarté la présence du SDRP, du PCV2,
du virus grippal, de la GET, du rotavirus, du virus de l'encéphalomyélite
hémaglutinante (HEV), du cytomegalovirus porcin (PCMV), de Clostridium
perfringens, E. Coli pathogénique, B hyodysenteriae
et pilosicoli, Bordetella spp., Streptococcus spp.,
H parasuis, P multocida et de coccidiose. On a besoin de plus
de recherches pour déterminer le rôle potentiel du Calicivirus
entérique. Les principales lésions trouvées ont été
: gastrite fundique lymphocytaire superficielle, entérite atrophique, colite
superficielle, atrophie du thymus et rhinite active chronique.
Comme certaines de ces lésions peuvent se développer après
des périodes d'anorexie en post-sevrage, il est difficile de savoir si
elles sont causalement associées au PFTS. On n'a pas pu observer de lésions
sur le système nerveux central malgré la présence de signes
neurologiques cliniques inhabituels.