Tom Alexander - Vétérinaire Consultant international - Cambridge (Royaume Uni)
10-Déc-2003 (il y a 22 ans 5 mois 14 jours)
Les pertes vulvaires peuvent avoir pour origine l'appareil urinaire ou l'appareil
reproducteur. Dans cette "opinion d'expert", le Dr T. Alexander n'aborde
que les troubles d'origine urinaire. Les autres seront abordées dans une
publication ultérieure.

La cystite est beaucoup plus fréquente chez les femelles que
chez les mâles parce que, l'urètre étant plus court et plus
proche de la vulve, la contamination est plus rapide. Elle peut survenir à
n'importe quelle phase du cycle oestral. Dans les cas sérieux, il se produit
une pyélonéphrite et une maladie grave chez la truie alors que dans
les cas plus légers, il y a une bonne réponse au traitement ou même
une récupération spontanée.
La cystite et la pyélonéphrite provoquent des
pertes
vulvaires contenant du sang, du mucus et du pus.
Cystites
Théoriquement, n'importe quel germe pathogène pouvant se multiplier
en présence d'urine est capable de provoquer une cystite mais, pratiquement
l'infection est habituellement causée par
Escherichia
coli ou d'autres bactéries fécales comme les streptocoques.
Cependant, la bactérie la plus gravement pathogène est
Actinobaculum
suis (auparavant nommée
Eubacterium suis), qui n'est pas d'origine
fécale et qui provoque une pyélonéphrite mortelle.
Actinobaculum suis est un hôte
normal non pathogène du prépuce et du sac prépucial du verrat.
Il contamine le vagin
au moment de la saillie mais,
normalement, il ne survit pas longtemps. Il remonte par l'urètre jusqu'à
la vessie, probablement dans le reflux d'urine provoqué par les mouvements
de la truie couchée sur le sol ou parce qu'il est capable d'adhérer
et de se multiplier dans la muqueuse du tractus urinaire. Ce phénomène
d'adhérence lui permet de ne pas être éliminé totalement
quand la truie urine.
Pyélonéphrites
L'urine rentre dans la vessie par les uretères qui débouchent dans
la vessie par les valvules des uretères. Ces dernières empêchent
le reflux d'urine quand la vessie se remplit et subit une pression, mais, dans
le cas de cystite, elles se raccourcissent et deviennent perméables, autorisant
ainsi les reflux et l'atteinte des reins par les germes pathogènes.
La pyélonéphrite est généralement rencontrée
chez les truies adultes et les cochettes gestantes,
bien qu'une fois nous l'ayons diagnostiquée chez une jeune cochette jamais
saillie. La réponse aux traitements est rare et l'infection est habituellement
mortelle ; elle peut devenir un problème sérieux dans certains élevages.
Une importante cause prédisposante est le fait que les truies confortablement
logées individuellement produisent des
endorphines cérébrales
qui les rendent trop paresseuses pour se lever, boire et uriner. L'urine devient
alors plus dense, blanchâtre, parfois décolorée et elle peut
irriter la paroi de la vessie. Les germes pathogènes ne peuvent alors pas
être régulièrement éliminés et s'accumulent
dans la vessie.
Prévention
Dans les élevages où il y a des problèmes de cystites et
de pyélonéphrites sur les truies attachées, il faut les
stimuler
pour qu'elles se lèvent
plusieurs fois par jour, par exemple en promenant un verrat dans le
couloir et en les incitant à boire en jetant de petites quantités
d'aliment dans l'eau et dans les abreuvoirs. Une autre alternative est de les
déplacer dans des cases où elles
sont détachées, l'incidence baissera alors progressivement.