Diarrhées néonatales
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| Villosités
sur un porcelet témoin |
Une prise insuffisante d'échantillons peut donner lieu à un diagnostic
erroné. Il est souvent suffisant d'obtenir des tissus frais et fixés
au formaldéhyde à partir de porcs atteints d'entérite pour
réaliser le diagnostic clinique.
Les lésions du tractus intestinal apparaissent fréquemment sur des
segments déterminés. Par conséquent,
on
doit prélever plusieurs échantillons représentatifs de chaque
zone de l'intestin : il est nécessaire de prendre des échantillons
du jéjunum, de l'iléon et du côlon ascendant.
La fixation des coupes intestinales au moment de l’autopsie est meilleure
en coupant des segments de 1 à 2 cm de longueur et en les ouvrant pour
exposer la lumière de l’intestin et augmenter la fixation.
L'envoi de courts segments d'intestin assure pour le
moins une fixation suffisante. Le diagnostic de la diarrhée
néonatale demande une préparation soignée pour apprécier
l'atrophie des villosités.
Dans
la diarrhée sécrétoire (provoquée
par E. coli et C. difficile) peu de lésions
sont visibles à l'œil nu. L'intestin grêle apparaîtra
simplement aminci et transparent, avec le contenu du côlon acidifié
dû à la fermentation. En ce qui concerne l'atrophie des villosités,
les lésions histo-pathologiques sont minimes dans les infections par
E.
coli,
Clostridium perfringens C et de type A, et
Clostridium
difficile.
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| Muqueuse
après exposition aux entérotoxines |
Les infections par E. coli (
E.
coli entérotoxinogène) colonisent l'intestin grâce à
leur adhésion aux entérocytes dans l'intestin grêle et la
production d'entérotoxines. Les pili de la surface adhèrent aux
entérocytes. Les plus fréquents sont K88, K99, 987P et F41.
Clostridium difficile est le nouveau
pathogène entérique des nouveau-nés. Il est difficile de
le mettre en évidence comme agent causal ou de le diagnostiquer car le
signe principal est l’œdème du mésocôlon associé
à la production d'exotoxines A et B. Ces exotoxines peuvent s'identifier
grâce à des tests ELISA.
Le Clostridium perfringens de type C
provoque une diarrhée néonatale par l'action de toxines alpha et
bêta. Les lésions visibles à l'œil nu se caractérisent
par de discrets fragments d'intestin grêle d'apparence hémorragique
avec de petites ampoules emphysémateuses. Dans les cas aigus, les extrémités
des villosités apparaissent nécrosées avec un exsudat fibrineux.
L'atrophie des villosités dans ce cas n'est pas non plus extrêmement
grave.
La gastroentérite transmissible est
une cause importante d'atrophie des villosités qui se présente de
façon disséminée avec une incidence particulière dans
le jéjunum. L'épithélium presque totalement plat est caractéristique
de la GET (gastroentérite transmissible).
On a aussi besoin pour confirmer le diagnostic, de l'examen au microscope électronique
du contenu intestinal, de tests d'immunofluorescence et d'immunohistologie.
La diarrhée épidémique porcine
est produite par un coronavirus qui provoque des lésions très semblables
à celles de la GET
Dans des circonstances normales (excepté dans les cas de GET),
la
plus grave atrophie des villosités est provoquée par les infections
dues au rotavirus, d’autant plus sévères que le
porcelet est jeune. La récupération est assez rapide chez les jeunes
porcs. La confirmation de la relation atrophie - virus se fait par une microscopie
électronique du contenu intestinal ou par immunofluorescence.
La coccidiose provoque la destruction des
entérocytes, donnant lieu à l'érosion des extrémités
des villosités et à leur atrophie.
Beaucoup de cas présentent des infections simultanées par clostridiums
et
E. coli.
Sevrage
Immédiatement après le sevrage, des problèmes semblables
peuvent se présenter à cause de :
1°)
E. coli K 88 (1 à 3 semaines après le sevrage)
2°)
E. coli F18
3°) Rotavirus, qui peut apparaître 1 à 2 semaines après
le sevrage
4°)
Salmonella, qui peut apparaître à n'importe quel
moment
5°) GET, qui peut apparaître immédiatement après le sevrage.
Porcs en engraissement
Les principaux troubles des porcs à l'engraissement comprennent la GET
épizootique, l'entérite proliférative, la salmonellose entérique,
les trichines, une dysenterie porcine, la spirochétose intestinale et les
pathologies du côlon.
Les échantillons pour histologie de l'intestin doivent être fixés
dans du formaldéhyde dans un délai de 30 minutes. Il faut laver
les segments pour assurer que le fixateur arrive à l'épithélium.
Pour que la recherche histologique soit utile on a besoin d'échantillons
d'estomac, du duodénum, deux segments de jéjunum, de l'iléon,
du cæcum, du côlon spiral, des ganglions lymphatiques mésentériques
et du foie.
Infection à Lawsonia
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| Prolifération
de cryptes dans une infection à Lawsonia |
Les infections par
Lawsonia se caractérisent par un épaississement
de la muqueuse intestinale, en particulier celle de l'iléon, suivi du côlon
spiral proximal, du cæcum et du jéjunum distal. La muqueuse peut
être érodée à des points précis. Il peut y avoir
d'abondants résidus adhérents de muqueuse fibrino-nécrotique.
Il y a beaucoup de cryptes revêtues de cellules immatures de la crypte (pas
cellules caliciformes) et pleines de résidus. Les colorations à
l’argent montrent une grande quantité de bactéries en forme
de virgule dans le cytoplasme apical des cellules hyperplasiques de la crypte.
On peut confirmer le diagnostic par PCR (Polymerase Chain Reaction) ou par immuno-coloration.
Salmonelloses
Dans les salmonelloses, les lésions se trouvent particulièrement
là où sont les zones de tissu lymphoïde sous-muqueux (jéjunum
distal, iléon et côlon spiral). Les lésions microscopiques
sont celles d'une entérocolite sévère fibrino-nécrotique
d’érosive à ulcérative.
Il peut y avoir des thrombus et des infiltrats de macrophages et une diminution
des lymphocytes dans la lamina propia et la sous-muqueuse. Il est utile de confirmer
le diagnostic par PCR ou par culture.
Trichines
Lésions seulement au niveau du cæcum et du côlon spiral. Il
peut y avoir des larves à l'intérieur de la muqueuse et/ou des nématodes
sur la surface de la muqueuse avec une nécrose de celle-ci, une hémorragie,
un exsudat fibrineux et une infiltration d'éosinophiles, de lymphocytes
et de cellules plasmatiques.
Dysentérie porcine
Les lésions se limitent au cæcum et au côlon et consistent
en une sévère typhlocolite catarrhale et/ou fibrino-nécrotique.
Les lésions microscopiques sont assez spécifiques et presque de
valeur diagnostique. Les lésions sont caractérisées par la
nécrose, une hémorragie, un exsudat inflammatoire et des résidus
fibrino-nécrotiques adhérents et mélangés aux cellules
inflammatoires. On observe une hyperplasie des cryptes due à l'hyperplasie
des cellules caliciformes. Avec la coloration argentique on peut observer d'importants
spirochètes à l'intérieur des cryptes dilatées de
la muqueuse.
Brachyspira pilosicoli
Les lésions macroscopiques sont habituellement très variées.
Les lésions de la muqueuse sont plus fréquentes et plus graves dans
les régions du côlon spiral moyen puis du côlon spiral proximal.
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| Lésions
de muqueuse peu sévères |
Les lésions de la muqueuse sont très légères. Au microscope,
on observe une colite érosive superficielle, de légère à
modérément grave, entre multifocale et diffuse avec des quantités
variables de résidus de muqueuse fibrino-nécrotiques adhérents.
Il peut y avoir une hyperplasie des cellules caliciformes. On peut voir
B.
pilosicoli collé à l'extrémité supérieure
cellulaire, mais s'il n’en n’est pas ainsi, le diagnostic peut être
difficile si la PCR ou la culture n'est pas réalisée.