Commentaire 29-sep-2008
Pôle Économie IFIP
29-Sep-2008 (il y a 17 ans 6 mois 3 jours)
La production porcine a commencé à baisser en Europe mais
cette diminution ne s’est pas encore fait sentir au niveau des prix qui,
en France comme en Europe, ont reculé.
La baisse de la consommation européenne réduit
la demande. Dans le contexte économique actuel, la consommation
ne peut pas se maintenir au niveau élevé de l'an passé.
Elle avait été particulièrement bonne dans les pays de
l’Est qui, confrontés à une offre élevée,
avaient consommé les volumes disponibles. Lorsque ceux-ci diminuent,
la consommation s’ajuste. Il n’a donc pas
été nécessaire d’avoir recours à des importations
afin de la maintenir à son précédent niveau.
La consommation est également mauvaise en Espagne, touchée de
plein fouet par une forte crise de l’immobilier et une baisse du pouvoir
d’achat. Elle se porte mal au Royaume-Uni aussi.
Les exportations vers les pays tiers, très bonnes
sur les six premiers mois de l’année, ont permis de compenser la
moins bonne consommation, mais il est difficile de savoir si elles
vont se poursuivre à ce rythme, avec notamment la suppression des restitutions
depuis août dernier et la domination actuelle des États-Unis sur
le marché mondial.
Ainsi, nous nous retrouvons dans un cycle saisonnier
relativement habituel, avec un recul des prix au début de
l’automne.
Cependant, dans les semaines, voire les jours à venir, la diminution
de l’offre devrait l’emporter sur la baisse de la demande, permettant
ainsi le maintien des cours au 4ème
trimestre 2008. Après janvier 2009, les prix devraient repartir
à la hausse pendant le 1er semestre 2009. Il
n’est pas déraisonnable de penser que le prix du porc va augmenter
fortement, sous l’influence de la baisse de la production.
Il pourrait ponctuellement atteindre 2 euro en été 2009. Une telle
croissance a déjà eu lieu en 2001, au sortir de la sévère
crise de 1999, bien qu’elle ait été également portée
par deux épidémies de fièvre aphteuse, en France et aux
Pays-Bas. La comparaison s’arrête là : la rentabilité
ne sera pas aussi bonne, car le coût de revient, certes en baisse actuellement,
restera supérieur à celui de 2001.
Notre analyse complète dans Baromètre Porc, la revue économique de l'IFIP.
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