Décembre 2005: un Noël resplendissant
pour l'éleveur espagnol
A notre avis, il y a plusieurs explications, toutes largement révélatrices,
du fait que le prix du vif a bénéficié d'un coup de pouce
au cours des 5 derniers marchés (0,125 €/kg vif de hausse cumulée)
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Les abattoirs ont
maintenu un rythme élevé et soutenu des abattages, rendu
en grande partie possible grâce à la facilité de débouché
des pièces de découpe.
- Le poids moyen des carcasses a diminué au cours des dernières
semaines d'environ 1,50 kg par tête, fait non négligeable
qui confirme bien que, durant cette période, les abattages ont
largement excédé l'offre en vif.
- Le temps passe et les projets d'augmentation des capacités d'abattage
sont en train de se concrétiser ce qui génère une
sur-demande qui n'a rien de conjoncturelle et qui devient structurelle. |
En tout cas, le prix actuel est difficile à digérer pour l'abattoir
(impossible de répercuter les hausses sur les pièces de découpe
une fois que le marché de Noël est "joué") et il
faudra observer si les abattoirs appliquent une quelconque restriction sur leur
activité.
Une fois de plus, le marché espagnol a démontré sa capacité
d'évoluer de façon indépendante par rapport aux autres marchés
européens: dans les cinq dernières semaines l'Allemagne a augmenté
de 0,07 €/kg de carcasse, la Hollande de 0,03 €/kg vif et la France de moins de
0,01 €/kg de carcasse; rien à voir avec l'augmentation de plus de 0,16
€/kg de carcasse en Espagne!
On démontre ainsi que, sans facteurs externes qui déforment la réalité,
la loi de l'offre et de la demande finit par remettre les choses à leur
place: l'abattoir avait besoin de récupérer ses retards d'activité
(juin, juillet), ce qui la conduit à augmenter son rythme d'abattage et
donc, automatiquement, la demande ajoutée a suffi à réactiver
le prix.
En Europe, le paysage est typique de cette période: attendre et voir. Avec
le marché de Noël déjà consommé (rien à
voir avec le marché frénétique que nous connaissions il y
a quelques années) et à la veille de faire les inventaires de fin
d'année, l'activité se ralentit.
Les problèmes rencontrés au Brésil (notre principal concurrent
sur la Russie) et un léger détournement de la consommation de viandes
de volailles vers la viande de porc ont facilité la commercialisation des
importantes quantités de viande porcine générées en
Espagne.
Le cours actuel espagnol parait ferme tant que l'Europe maintiendra le cap: il
nous semble très compliqué d'envisager de prochaines hausses si
le reste des places européennes ne nous accompagne pas. Avec un marché
européen tranquille, nous ne pensons pas que l'Espagne devra fléchir à
la baisse en Janvier comme cela arrive traditionnellement.
En résumé: excellente fin d'année pour le producteur espagnol.
Joyeux Noël à tous et que l'année nouvelle soit prodigue en
agréables surprises.

Guillem Burset |