Afrique du Sud : feu vert à la vaccination privée contre la FA

26 mai 2026 / Afrique du Sud.
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12-Jun-2026 (aujourd'hui)

Une décision historique de la Haute Cour de Pretoria a ouvert une voie juridique provisoire permettant aux éleveurs sud-africains de se procurer et d’administrer des vaccins contre la fièvre aphteuse (FA) à titre privé, marquant une avancée importante dans les efforts continus du pays pour lutter contre la maladie. Ce jugement intervient après des mois de frustration croissante parmi les producteurs face à l’accès limité aux vaccins et aux inquiétudes concernant le rythme des programmes de vaccination menés par les autorités.

Le tribunal a estimé qu’aucune interdiction légale claire n’empêchait la vaccination privée et a statué que les détenteurs de bétail pouvaient obtenir et administrer des vaccins contre la fièvre aphteuse importés ou fabriqués légalement, à condition de respecter des exigences strictes en matière de déclaration, de traçabilité et de supervision vétérinaire. Les éleveurs souhaitant vacciner leurs animaux devront informer les services vétérinaires provinciaux au moins cinq jours avant la vaccination et transmettre les documents de conformité dans les 14 jours suivant l’administration.

Au cœur du litige figurait la position du gouvernement selon laquelle la vaccination contre la fièvre aphteuse devait rester sous contrôle centralisé. Les organisations agricoles ont soutenu que la réglementation en vigueur n’interdit pas explicitement la vaccination privée et que les restrictions d’accès aux vaccins ont contribué aux retards dans la maîtrise de la maladie. Le tribunal a convenu qu’aucun fondement juridique ne justifiait une approche de vaccination exclusivement contrôlée par l’État.

Le jugement a également mis en évidence des préoccupations concernant les retards dans le traitement de l’affaire et a critiqué l’absence d’argumentation juridique substantielle pour limiter la participation du secteur privé. La décision empêche en outre les autorités d’entraver les accords commerciaux légaux impliquant des vaccins importés et des fournisseurs agréés.

Les autorités ont toutefois rappelé que le dispositif sanitaire prévu par la Section 10 de l’Animal Health Scheme, récemment publié au Journal officiel, offre déjà un cadre permettant la participation du secteur privé au programme national de vaccination. Elles ont également réaffirmé leur objectif de vacciner au moins 80 % du cheptel bovin sud-africain dans le cadre des efforts visant à rétablir le statut du pays indemne de fièvre aphteuse avec vaccination.

Cependant, le tribunal a indiqué que le cadre de la Section 10 n’interdit pas les vaccinations administrées à titre privé et qu’il ne doit pas être considéré comme la seule option offerte aux éleveurs. En conséquence, cette décision établit de facto un mécanisme indépendant, validé par la justice, permettant la vaccination privée, sous réserve du respect des réglementations existantes en matière de lutte contre les maladies animales.

Malgré cette avancée juridique, la disponibilité des vaccins demeure un défi majeur. Des sources du secteur ont indiqué que les stocks de vaccins contre la fièvre aphteuse importés restent actuellement limités, les cargaisons disponibles étant en grande partie destinées aux programmes gouvernementaux. Ainsi, même si les éleveurs disposent désormais d’un accès légal à la vaccination privée, la disponibilité commerciale immédiate des vaccins demeure incertaine.

Les organisations professionnelles ont salué cette décision, la qualifiant d’étape importante pour accélérer les efforts de vaccination et améliorer le contrôle de la maladie. Les parties prenantes ont toutefois souligné que le déploiement rapide des vaccins reste essentiel, estimant que des délais prolongés pourraient compromettre les efforts visant à interrompre la transmission de la maladie et à protéger les marchés du bétail.

Les éleveurs envisageant la vaccination privée ont été invités à veiller au respect intégral des exigences en matière de suivi vétérinaire, de biosécurité et de tenue des registres. Les contrôles existants sur les mouvements d’animaux, les obligations de déclaration des maladies et les normes de gestion des vaccins demeurent pleinement applicables.

Cette décision ne constitue toutefois qu’une mesure provisoire. De nouvelles procédures judiciaires sont attendues dans les 20 prochains jours, les organisations agricoles cherchant à obtenir une clarification définitive des droits liés à la vaccination privée contre la fièvre aphteuse ainsi que la suppression des éventuels obstacles réglementaires encore en vigueur.