Le Kenya vise une croissance de 125 % de sa filière porcine d’ici 2030

14 avril 2026/Kenya/
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02-Jun-2026 (il y a 5 jours)

Le Kenya intensifie ses efforts pour moderniser et développer sa filière porcine, le gouvernement prévoyant une hausse de 125 % de la demande de viande porcine d’ici 2030. Lors du Forum national de sensibilisation des acteurs de la chaîne de valeur porcine, le secrétaire principal au Développement de l’élevage a présenté l’élevage porcin comme l’un des secteurs de production animale connaissant la croissance la plus rapide du pays et comme un moteur important du développement agricole.

Le Kenya compte actuellement un cheptel porcin estimé à 981 182 têtes. La demande annuelle de viande porcine atteint 38 500 tonnes, un niveau nettement supérieur à la production actuelle, estimée à 23 000 tonnes. Bien que la filière soit évaluée à environ 20 milliards de shillings kenyans, la consommation de viande porcine par habitant reste relativement faible, à 0,4 kg par an, ce qui laisse entrevoir un important potentiel de croissance du marché.

Au-delà de son poids économique, la filière porcine joue un rôle essentiel dans le soutien des revenus des ménages, la création d’emplois et le renforcement de la sécurité alimentaire. Les petits producteurs, qui représentent environ 80 % des éleveurs, demeurent au cœur du secteur. Avec la poursuite de l’urbanisation et l’évolution des habitudes de consommation, de nouvelles opportunités devraient émerger dans les domaines de la production, de la transformation et de la valorisation des produits.

Toutefois, la filière reste confrontée à plusieurs contraintes qui freinent son développement. Parmi celles-ci figurent une faible productivité liée à des performances génétiques limitées et à des systèmes de sélection insuffisamment développés, le coût élevé de l’alimentation animale, l’accès restreint aux services de conseil technique ainsi qu’un manque de formation des éleveurs. À cela s’ajoutent les menaces récurrentes de maladies telles que la peste porcine africaine (PPA), des pratiques de biosécurité encore insuffisantes et la prédominance des circuits informels de commercialisation, qui continuent de peser sur la productivité et la rentabilité des élevages.

Pour relever ces défis, le gouvernement prévoit d’investir dans l’amélioration du matériel génétique, le développement de solutions alimentaires plus abordables et le renforcement des systèmes de santé animale. Ces mesures seront accompagnées d’un renforcement des services de vulgarisation, de plateformes numériques de partage des connaissances et d’organisations de producteurs plus solides afin d’améliorer les compétences et les performances des éleveurs.

Parallèlement, les efforts porteront sur une meilleure intégration des marchés grâce au renforcement des liens entre producteurs et transformateurs, à la promotion de l’agriculture contractuelle ainsi qu’au développement des infrastructures de transformation et de la chaîne du froid afin de réduire les pertes après production. Le gouvernement souhaite également accroître la participation des femmes et des jeunes en facilitant leur accès au financement, à la formation et aux opportunités entrepreneuriales.

Conscientes que la croissance durable du secteur repose sur la confiance des consommateurs, les autorités entendent renforcer les systèmes de sécurité sanitaire des aliments, d’inspection, de certification et de traçabilité afin de garantir le respect des normes nationales et internationales.

Le secrétaire principal a souligné que l’atteinte des objectifs ambitieux de croissance de la filière nécessitera une collaboration étroite entre les administrations publiques, les acteurs du secteur privé, les instituts de recherche et les partenaires du développement.

Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à créer un environnement réglementaire favorable et à soutenir les investissements dans les infrastructures, l’innovation, le financement et l’accès aux marchés, qualifiant la filière porcine de secteur stratégique capable de renforcer la sécurité alimentaire, la nutrition et le développement économique du Kenya.